Site du livre d'Eric Dupin paru le 10 mars 2011 aux éditions du Seuil

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35 commentaires

35 Commentaires

  1. Eric Dimanche 13 mars 2011 10h53

    Bonjour,
    Je viens de découvrir votre livre par le reportage qui lui est consacré dans « Marianne » et je vais m’empresser de l’acheter.Je me retrouve complètement dans votre approche, votre constat, et quelques extraits de commentaires de mes concitoyens. J’habite à Tarbes, ville située à 38 km de Pau que vous avez visitée. Contre exemple en apparence, je suis né à Lyon, et j’ai élu domicile dans les pyrénées dont nous sommes tombés amoureux avec mon épouse il y a maintenant 15 années. Être de quelque part, ce n’est pas forcément y être né, mais plutôt se retrouver dans un lieu qui nous ressemble. C’est le cas pour nous ici, au pied du Pic du Midi de Bigorre, à 2 pas le l’Aragon et du Pays Basque. Le mode de vie espagnol, nous ne le jalousons pas, nous passons carrément la frontière de temps en temps pour en profiter. La frontière administrative est devenue virtuelle, mais la frontière culturelle nous donne à chaque fois l’impression de passer de l’ombre à la lumière. Loin d’idéaliser le mode de vie de « l’autre côté », nous apprécions simplement le fait de retrouver des villes et des villages qui sont encore le centre de la vie. Avec des enfants qui jouent, des commerçants qui vendent de tout, des bars qui jouent un vrai rôle de lien social, fréquentés par des familles de toutes générations, et des rues où se pratique le sport favori du pays : le « paséo », c’est à dire la promenade du soir. Mais je ne voudrais pas non plus faire oublier le bonheur de vivre ici dans les pyrénées, même sur le versant français. Les paysages ont une force et une beauté que je remercie chaque matin. Depuis Tarbes, mes repères se dirigent du côté de la montagne qui change d’aspect avec la lumière et les saisons. Pour l’aspect économique, je suis également en phase avec vos observations. Nombreux sont les amis rencontrés ici, expatriés « choisis » de toutes régions et de toutes catégories sociales avec lesquels nous partageons des valeurs communes. L’économie solidaire, les circuits couts, la désepérance de voir l’Etat , et même la Région se désintéresser d’un territoire comme le nôtre…avec pour conséquence de savoir que nos enfants auront moins d’une chance sur 10 pouvoir justement vivre près du lieu où ils sont nés… Pour trouver un travail, il faudra aller à Bordeaux ou à Toulouse. C’est déjà vrai pour étudier… Nous avons 3 enfants de 11 , 13 et 18 ans, alors nous sommes en plein dans ces préoccupations. Si les montagnes ne dominaient pas la ville de leur présence, je ne saurais effectivement pas faire la différence entre la périphérie de Tarbes, d’Albi, du Mans ou d’Ecully, avec ces magasins « boites à chaussures » qui s’agglutinent autour des panneaux d’affichage. Le paysage urbain français a été complètement dénaturé, et je souscris sur ce point encore à l’observation que vous faites.
    Heureux d’avoir rencontré le voyageur que vous êtes et dans l’attente de vous lire,
    Eric

  2. Eric Dupin Dimanche 13 mars 2011 18h14

    Eric,
    Un grand merci pour votre témoignage détaillé. Je ne suis pas allé à Tarbes (on ne peut pas tout voir) mais ce que vous dites est étrangement en phase avec ce que j’ai pu constater ici et là. Le choix d’un lieu d’habitation en fonction de ses ressources naturelles. La séduction exercée par le pays voisin (même si vous dites ne pas « jalouser » l’Espagne). L’intérêt pour l’économie solidaire et les « circuits courts ». La désolation face au nouveau paysage urbain. J’attends votre réaction après la lecture du livre.

  3. Julien Lundi 14 mars 2011 17h39

    Quelle est cette route qui figure sur la couverture ?

    Cordialement

  4. Eric Dupin Lundi 14 mars 2011 18h42

    Julien,
    La photo de la couverture a été prise, le 18 janvier 2010, sur la route départementale 119 entre Carcassonne et Fanjeaux. La lumière de cette matinée d’hiver était belle et cette route bordée d’arbres, souvenirs d’enfance oblige à l’arrière de la voiture familiale, symbolise assez pour moi le voyage en France. Il n’en reste plus beaucoup: les platanes et autres arbres, accusés sans preuve aucune de traverser la route au passage des automobilistes bourrés, ont subi une véritable hécatombe.

  5. PDZ Mercredi 16 mars 2011 16h31

    Bonjour
    Je suis aussi un « déraciné » professionnel , né à Sain-Etienne et ayant « immigré en Haute Savoie » il y a 25 ans….
    J’ai beaucoup apprécié l’article de « marianne » qui vous est consacré et j’avoue que votre vision de la France correspond effectivement bien à la réalité que je découvres chaque année dans les régions françaises que je visite lors de mes vacances.
    Ces constructions de zone commerciale à l’entrée de chaque centre urbain important, les zones urbaines et piétonnes (commerçantes aussi avec les franchisés…) et les services publics à l’abandon, des quartiers « guettos » , des zones pavillonnaires sans ame…et aussi des villages fantomes,voir désertés car sur des anciennes voie de circulations plus empruntées….
    Ce constat en dit long sur la gestion de notre territoire depuis 40 ans et sur l’avenir de la société que nous réservons à nos enfants et n’est pas des plus optimistes pour l’avenir.
    En tout cas , cet article m’a donné envie de lire votre livre que j’acheterais probablement et il mes emble aussi important de pouvoir échanger sur ce thème avec d’autre personnes.

  6. Eric Dupin Mercredi 16 mars 2011 22h42

    PDZ,
    Merci pour votre réaction. Etant donné l’accord que vous manifestez avec mes conclusions, je ne comprends pas bien pourquoi vous n’allez acheter que « probablement » mon livre où vous trouverez mille illustrations concrètes de ce qui fait la France d’aujourd’hui ;-)

  7. Margaux Vendredi 18 mars 2011 19h48

    Monsieur Dupin,

    C’est par le biais de Marianne que j’ai découvert votre livre, que j’ai acheté ce matin et que je ne me lasse pas de dévorer.
    Je ne saurai trop comment vous dire à quel point j’aime ce que vous avez écrit. Votre récit est à la fois tellement réaliste et si poétique.
    Je vous remercie de nous faire partager votre voyage et un grand bravo !

  8. Fabien Samedi 19 mars 2011 15h33

    Une très belle réussite, j’ai également découvert votre livre via l’article de Marianne et je me régale de votre style à la fois clair, précis, poétique, artistique ; un vrai regard à la fois humble et objectif sur les habitants de notre pays ; une belle photo des Français, remarquablement retranscrite. Je me retrouve tellement dans cette France fatiguée de la modernité, marre d’une France aseptisée mais pour une France faite de liens sociaux et riche en projets. Mais il fallait des gens comme vous pour faire naître tout ça alors merci, je vous compare un peu à Raymond Depardon et ses différents projets que j’admire beaucoup également. Ce type de livre devrait être lu par ceux qui nous gouvernent et ceux qui dominent notre pays par leurs nouveaux projets d’investissement, ils constateraient alors qu’ils sont complètement à côté de la plaque et qu’il existe bel et bien une alternative…Si je devais choisir une bande originale pour ce livre alors je choisirai cette chanson de Bonnie Prince Billy http://www.youtube.com/watch?v=jBzqoqT4ZhQ&feature=related ; une seule et unique critique : J’aime un peu moins les photos choisies sur le site…mais le livre est parfait. Fabien, travailleur social dans la communauté de communes du coeur d’Ostrevent, Nord.

  9. Eric Dupin Samedi 19 mars 2011 19h22

    Margaux et Fabien,
    Merci pour ces éloges ! J’avoue être un peu surpris que le style de ce livre soit apprécié, ce n’est pas ma manière habituelle d’écrire et, contrairement à mes livres d’analyse précédents, j’ai cette fois beaucoup peiné…

    Fabien,
    Belle chanson, qui évoque en effet l’atmosphère un peu nostalgique qui baigne mes rencontres. Quant aux photos, l’affaire n’a pas été simple. A l’expérience, il m’a été difficile de mener de front photographies et rencontres. D’où des images qui ne reflètent pas forcément les étapes du livre. Comme je suis plus à l’aise dans le paysage que dans le portrait, j’ai assez vite renoncé – peut-être à tort – à photographier les gens que je rencontrais. Il est vrai que je ressentais souvent de la réticence… Voilà. Il faut plutôt considérer mes photos comme des compléments au livre.

  10. Marco57 Lundi 21 mars 2011 17h24

    Je me permets de suggérer la lecture d’un article du site internet des « Cafés géographiques » qui montre comment en 2007 Sarkozy a su apporter une réponse politique à cette « fatigue de la modernité » :
    Pierre Schill, « Retour sur Nicolas sarkozy en campagne, une géographie politique », rubrique « Vox geographi » publié le 14 septembre 2008:
    http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1370

  11. PMB Mardi 22 mars 2011 15h02

    Problème, Marco57 : ce n’était pas une réponse politique mais une manip orchestrée par ses conseillers ! La France telle que l’a vue Eric Dupin, il ne la connait pas et s’en tape !

    Se tapera-t-elle de lui en 2012 ? Hélas, je n’en prends pas le pari…

  12. Lena Mardi 22 mars 2011 19h18

    Bonsoir Pèlerin :)

    J’ai commandé votre livre pour l’offrir, je l’aurai cette semaine. Vu sur Marianne aussi, je crois.

    A l’instant (19 h) se termine l’émission Le Grain à moudre où vous étiez invité avec une économiste dont j’ai trouvé l’argumentation plutôt fumeuse et pas très cohérente.

    Je me doutais que la photo avait été prise en Midi-Py, j’ai reconnu le style, ayant habité dans l’Aude près de Castelnaudary justement.

    Dommage que vous n’ayez pas parcouru un peu plus cette contrée car je suis dans le Gers maintenant, un département agricole (!) encore un peu épargné…

    http://www.gers-gascogne.com/modl4b.aspx?idpage=26

    Le Béarn, c’est bien, mais la Gasogne, c’est mieux ! mdrrrr

    Je reviendrai quand j’aurai lu votre ouvrage (je vais devoir me le faire prêter…).

    Lena

  13. Santufayan Mardi 5 avril 2011 08h04

    Juste une remarque de forme : les caractères blancs sur fond noir provoquent une persistance rétiniène et un effet désagréable contrairement aux lettres en noir sur fond blanc.
    Sinon bravo pour votre initiative qui nous donne enfin un avis indépendant des grands médias :-) . Fatigué du « marché » je le suis moi aussi ! Vivement le retour à des entreprises à taille humaine et une vie plus simple.
    Je cours acheter votre livre dès ce matin.

  14. Ré Mardi 5 avril 2011 17h45

    je suis originaire de st benoit et donc déçue des photos que vous avez publiées; Elles ne sont pas représentatives de ce village. Aucune approche du cœur de la bourgade… Je n’y habite plus mais suis restée très « chauvine »!
    J’aurai malgré tout plaisir à parcourir ce document.

  15. Eric Dupin Mardi 5 avril 2011 18h35

    Ré,
    Désolé de vous avoir déçu par mes photos. Elles ne prétendent pas à la « représentativité ». Ce n’est qu’un regard de voyageur. La beauté du vieux village m’a frappé et je suis peut-être passé à côté du « coeur de la bourgade ». J’ai seulement le souvenir de quelques rares magasins ouverts en cette froide journée d’hiver…

  16. Daphné BUNGENER Samedi 7 mai 2011 14h09

    Bonjour,

    Je viens d’entamer la lecture de « Voyages en France » qui m’intéresse beaucoup.

    En revanche, pourquoi l’auvergne est-elle absente de votre étude ?

    Par ailleurs, je ne serais que conseiller à vos lecteurs de lire « Voyages en France » d’Arthur YOUNG relatant le voyage d’étude économique et agronomique qu’il a effectué en France de 1787 à 1789.

    Ceci permet de mesurer le chemin parcouru par la France en termes d’évolution mais surtout ses permanences.

    En tous les cas, bravo pour le travail que vous avez fourni.

    Daphné BUNGENER

  17. MASSON Jean-Louis Samedi 7 mai 2011 21h33

    Votre livre est remarquable par son approche à la fois sensible et institutionnel:la France y est regardée à la fois par en haut et par en bas.

    Il y manque peut-être un chapitre « parisien » où seraient interrogés des acteurs du sommet ( « décideurs » publics et privés dont la fusion en cours est intéressante à observer)et du bas (travailleurs pauvres subissant la crise du logement)sans oublier ceux du milieu, les incontournables « bobos ».Il reste difficile de comprendre ce pays sans interroger sa capitale.

    Le jugement sévère que portent sur la France les français des régions frontalières n’est pas infondé : ils sont bien placés pour mesurer l’écart de dynamisme économique et de maîtrise de l’aménagement du territoire entre l’outre-frontière et leur pays où l’Etat,dont c’était la mission,a laissé tomber les enjeux fondamentaux que sont l’investissement productif notamment industriel et l’urbanisme.

    Encire bravo et merci

    Jean-Louis Masson

  18. Eric Dupin Lundi 9 mai 2011 10h11

    Daphné Bungener,
    Merci pour votre message. Le livre d’Arthur Young est effectivement très intéressant, et je le cite d’ailleurs en conclusion. Oui, je ne me suis pas rendu (pour ce livre) dans la belle Auvergne. Mais j’ai fait le choix de ne pas visiter toutes les régions pour éviter de sautiller d’un endroit à l’autre…

    Jean-Louis Masson,
    Votre critique est tout à fait fondée, mais la capitale (où j’habite) est un monde en soi. C’est une certaine France, un peu oubliée, que j’ai essayé d’évoquer et non celle des métropoles. Cela biaise évidemment le tableau. Il y manque les « élites » et plus largement les cadres supérieurs. Vous dirais-je que j’aurais très envie, si ce livre marche bien, de le prolonger par un voyage en Ile-de-France où les contrastes me fascinent…

  19. Philippe Berthet Lundi 9 mai 2011 10h21

    Merci ! J’ai passé ce beau dimanche en Haute-Savoie à lire trois excellents livres dont le vôtre. J’ai particulièrement apprécié le sous-texte de votre voyage en France. On devine en filigrane les mille solutions qui permettront de sortir de la tornade consumériste, vous êtes un impressionniste qui suscitez chez votre lecteur l’envie de passer à l’acte. Bravo. Dans le même registre je souhaite vous signaler le deuxième livre découvert ce dimanche « D’une foi à l’autre » de Béatrice Guelpa aux éditions Slatkine. Des témoignages poignants de personnes récemment converties, ce voyage est différent du vôtre; à la lecture, je me suis dit que vous aviez en commun une écoute peu commune. Le troisième, je le signale pour sa qualité littéraire « Tout passe » de Bernard Comment. le Goncourt 2011 de la nouvelle. Merci, merci, merci.

  20. DaRyL Jeudi 12 mai 2011 10h21

    Cher Eric,

    J’ai (enfin) pu lire votre ouvrage et je dois vous avouer que je considère ce livre d’enquête comme une vraie réussite! Peut-être votre meilleur livre (même si j’ai une certaine tendresse pour « Une société de chiens »), d’autant que comme mes camarades, j’ai trouvé votre style concis, clair et agréable à lire!

    Ce qui j’ai particulièrement aimé dans cet ouvrage c’est que vous ne cédez pas, malgré tout, au pessimisme de l’intelligence, et qu’il reste dans votre propos quelques motifs d’espérance! Pas un projet, mais des esquisses d’une société où l’on aurait moins de biens et plus de liens! Les chapitres sur le Pays de Puisaye, les Cévennes et la Saintonge tendent à me rendre optimiste sur la capacité des français à se réinventer.

    Evidemment votre diagnostic n’est pas tout rose et vous rejoignez beaucoup d’intuitions ou d’analyses de Christophe Guilluy, Gaël Brustier et JF Huelin! Que ce soit sur le libre-échange, l’Europe des normes, le vivre-ensemble et le multiculturalisme (j’ai été frappé par votre image sur l’apartheid), l’exode urbain, la gentrification, ou les solitudes parallèles si bien décrites par cet homme et cette femme de foi.

    Vous avez bien saisi les problématiques inhérentes à ma ville de coeur, Pau, qui vit dans la nostalgie de l’époque Labarrère et vit dans la crainte d’une désertion de Total (qui a déjà commencée) et de Turboméca. Je ne parlerai pas de mes chères vallées qui se meurent.

    Enfin une dernière question, pourquoi êtes-vous si vite passés sur Ancenis? Il n’y a-t-il vraiment rien d’intéressant dans cette ville.

    Encore bravo pour cet essai dont la coloration parfois nostalgique me fait penser à du Depardon pour la photo ou du Benoit Duteurtre pour le roman (lui aussi a fait son « Voyage en France »).

    Bien à vous

  21. Philippe Jeudi 19 mai 2011 12h20

    Bonjour,
    Je viens d’écouter l’émission d’Isabelle Giordano sur France Inter et je m’empresse d’aller sur votre site, avant d’aller me procurer votre livre qui semble passionnant. Mais je ne peux pas passer sous silence un « détail » dans le sommaire de votre ouvrage : vous englobez Cognac dans la partie « Charente-Maritime ». En tant que charentais d’origine, je dois vous rappeler que Cognac est en Charente et non en Charente-Maritime. D’autres diraient en Charente supérieure et non en Charente inférieure mais ce sont des médisants…
    Bien à vous.

  22. G FABRE Samedi 28 mai 2011 17h57

    Mr DUPIN
    Je me permettrai de faire la lecture de vos pages 369 à 373 à mes élèves, optionnaires en géographie de prépa, en guise d’une reprise synthétique d’un bon nombre de mes cours ayant constaté l’accord entre vos observations et mes éléments de cours….lecture comme le faisaient nos maitres d’école,il y a maintenant quelques décennies, qui ont su nous lancer à la découverte de notre pays.
    Merci à vous!

  23. Karol Mardi 5 juillet 2011 14h32

    Claude DOUCET (et non Régis Blanchet) est le maire de Valençay. Attention vous écrivez « Valançay »

    Très belle promenade, merci

  24. PIERRE-ANTOINE G. Mercredi 13 juillet 2011 17h37

    voir Albi !

  25. JACQUIER Mercredi 20 juillet 2011 11h35

    Un journaliste « fine gueule » part à la rencontre des retraités et en fait un livre ! Des naïfs comme moi croyant à un essai (à partir du thème de « la fatigue de la modernité » se font avoir. Remboursez SVP: je pourrai m’offrir un repas !

  26. Souyris Mathieu Dimanche 28 août 2011 05h08

    Bonjour,

    je n’ai eu connaissance de votre livre que sur le tard. C’est, à mon avis, un témoignage capital…bien qu’un peu subjectif. Parions ensemble que certains historiens et géographes pourront l’utiliser dans trente ou cinquante ans (s’il est encore disponible !) pour analyser la société française du début du XXI° siècle. J’ai été conseiller municipal à Puimisson, petit village bitterrois, avant de tenter ma chance en Nouvelle-Calédonie. Les pages de votre livre me rapellent bien des débats, de combats, des désillusions. mais nous avions la chance d’avoir encore des commerces, un club de foot qui marchait (et qui marche encore) bien avec un effet fédérateur (tiens, d’ailleurs, dans votre livre jamais vous ne visitez les pelouses provinciales le dimanche après-midi, c’est pourtant plein d’enseignements), un café plein de 8h à 1h du matin (chose rare, même à Béziers) et un Comité des Fêtes actif qui organisait deux ou trois évènements marquants dans l’année. Quand vous parlez de recentraliser l’économie, de recréer du lien social, je vous suis à 100%. Même si j’ai moi-même « fui » en quelque sorte en Nouvelle-Calédonie, je suis persuadé que beaucoup de personnes seraient heureuses dans 2500 km², pour peu qu’on sache se contenter de moins, et apprécier les « petites choses » : petites villes, petits monuments, petits restaurants, petits vins, petits métiers….
    Certains de vos passages laissent entrevoir un avenir semblable, mais cantonné dans de rares poches de solidarité. sans tomber dans un optimisme béat et tout en étant conscient de l’émulation qu’introduit un peu de libéralisme dans la vie de chacun, j’espère de tout coeur que ces poches s’agrandiront.

    Cordialement.

  27. ARTANK Jeudi 8 septembre 2011 09h55

    Bonjour, cher Eric Dupin,
    Très heureuse de vous avoir rencontré lors de la Fête des Livres à la Ferté Vidame ce dimanche 4 septembre ou vous avez épuisé les exemplaires!
    Vous trouverez le commentaire de ARTANK sur « Voyages en France » sur le site :
    http://www.artank.fr/fete-des-livres-rencontre-avec-les-francais
    Conclusion : « C’est toute un France qui a marché contre cette étrange modernité qui nous condamne à une régression sociale ».
    Mais les élus des collectivités territoriales sont-ils prêts en temps de crise à cesser de multiplier les coûteuses initiatives pour se mettre, modestement, à l’écoute des Français?

  28. Janique d'ARTANK Jeudi 8 septembre 2011 09h59

    Très heureuse cher Eric Dupin de vous avoir rencontré lors de la Fête des Livres à la Ferté-Vidame ce dimanche 4 septembre. Vous trouverez un commentaire sur le site ARTANK à la rubrique « territoires »:
    Conclusion :
    « C’est toute un France qui a marché contre cette étrange modernité qui nous condamne à une régression sociale ». Mais les élus des collectivités territoriales sont-ils prêts en temps de crise à cesser de multiplier les coûteuses initiatives pour se mettre, modestement, à l’écoute des Français?
    http://www.artank.fr/fete-des-livres-rencontre-avec-les-francais

  29. sophie Samedi 8 octobre 2011 15h52

    Vadrouillant à vélo aussi souvent qu’une vie parisienne le permet dans ces camapagnes françaises où les cafés et la vie locale fondent au même rythme que les glaciers alpins, je ne pensais pas en apprendre autant sur mon pays en lisant votre livre.
    J’y ai d’abord découvert que les Français travaillent beaucoup. A l’heure où une certaine culpabilisation sur le rythme des 35 heures est en vogue, vous nous livrez des témoignages étonnants sur la proportion de temps passé au travail par beaucoup, dans des métiers très divers.
    D’autres étonnements, sur la pregnance des tensions sociales voire raciales, sur l’omniprésente prise de conscience écologiste, qui n’est donc pas l’apanage de quelques bobos urbains, … une parenté frappante avec l’oeuvre de Depardon (photographie mais aussi cinématographique avec La Vie Moderne), et une certaine angoisse de constater que beaucoup de nos campagnes n’imaginent leur avenir que dans la reconversion touristique qui me fait craindre l’apparition d’un « pays musée »
    Vite, reprendre mes virées à vélo, avant qu’on n’en arrive là.
    Merci

  30. christophe camus Samedi 26 novembre 2011 19h30

    A propos de la photo de couverture, au-delà de l’alignement de platanes, assez classique pour illustrer le thème du voyage (depuis Napoléon, en fait), le rapiècage de la route me paraît égelement intéressant.

  31. Eric Dupin Samedi 26 novembre 2011 21h16

    Merci, Christophe Camus, d’avoir remarqué ce rapiéçage de la route qui m’avait plu et reflétait symboliquement les aléas de nos chemins…

  32. gerard le couedic Mardi 6 décembre 2011 18h48

    D’abord un grand bravo pour votre livre. Le ton, l’analyse, ces ballades informelles, sur fond d’analyse économique et social m’ont beaucoup plu. Âgé de 57 ans, j’ai sillonné pas mal la France comme tant d’autres, et est assisté à ce lent bouleversement des paysages, l’américanisation des villes avec leurs enseignes stéréotypées. Dans les années 70, nous faisions les saisons, avec ma compagne, sur notre vieille moto. C’était la France des petites routes que nous privilégions. Pas un bourg à l’époque sans que l’on ne puisse se ravitailler à la pompe essence, et dans tous ces petits qui faisaient mosaïque. Vous comprendrez que votre sens et votre philosophie du voyage m’a particulièrement plu, dans cette lente dérive des paysages, mais accrochés à l’humain.
    Avez-vous lu « voyage avec Charley » de John Steinbeck, un petit bijou de reportage et d’errance journalistique auquel j’apparenterais votre livre.
    Un étranger pourrait croire que le pays maintenant se porte bien mieux qu’il ne se portait à l’époque, au vu de l’esthétisation outrancière de certaines villes, le fric dépensé par des responsables locaux se prenant pour des petits empereurs trônant dans leur mairie. il n’en est évidemment rien. Le constat général que vous dressez dans la dernière partie fait écho à tous ces marginaux, voir à ces malades délirants, soliloquant, hantant les rues et qu’il faudrait soigner, en première mission.
    Mais la maladie mentale n’est pas d’origine spontanée, et est en maille justement avec l’exclusion. Bien des gens iraient bien dans leur tête si la société leur donnait leur place. Infirmier en psychiatrie je suis assez bien placé pour le savoir. Notez aussi que le nombre de malades pris en charge dans les hôpitaux à été divisé par cinq ou par six, au bas mot, depuis cette époque. C’est une donnée élémentaire. Mais sous prétexte de liberté on laisse maintenant les gens les plus faibles se cogner aux murs.

  33. Catherine Raspiller Mardi 8 mai 2012 15h07

    Votre livre m’a enchantée, à mi-chemin entre la nostalgie de l’enfance et l’actualité, entre concret et sensible. De surcroît très instructif, aussi dans les régions familières.
    Un genre de livre qu’on aime ne pas achever trop vite.
    Alors merci.

  34. Eric Dupin Mardi 8 mai 2012 19h13

    Catherine Raspiller,

    Merci beaucoup pour votre réaction chaleureuse. Sachez, si vous avez apprécié « Voyages en France », que je publie, le 10 mai 2012, toujours aux éditions du Seuil, « La Victoire empoisonnée », un prolongement de ce livre avec la campagne présidentielle en arrière-plan. Un site lui est dédié.

  35. Jacques Goût Jeudi 3 janvier 2013 08h54

    Merci pour ce livre. J’y ai retrouvé la France que je connais, celle qui est si peu présente dans les médias.On y rencontre une France créative et imaginative autant que blessée. Dans l’analyse vous reprenez le refrain entendu contre les paperasseries administratives. Il aurait été bon de creuser, d’écouter plus encore les interlocuteurs, de mettre en évidence les absurdités qui nous polluent vraiment la vie. Vous évoquez juste les marques aux oreilles de chèvres. Mais depuis les exigences absurdes des architectes des bâtiments de France à celles des agents de la DGCCRFG (pardon DPP) qui appliquent les uns et les autres des règlements conçus avec de bonnes intentions, mais réduits à l’absurdité dans bien des cas, (et porteurs d’effets contraires aux intentions affichées) sans oublier les préfets qui tracassent des entrepreneurs pour des pacotilles mais sont impuissants face à ceux qui gèrent dans l’illégalité et dont les établissements ne peuvent pas être fermés puisqu’ils n’ont jamais été ouverts, la France a effectivement besoin d’être mieux connue et mieux comprise.
    Merci aussi de rappeler en conclusion l’attachement aux territoires. Des territoires qui ne sont pas seulement des terrains de chasse pour les politiques qui les dirigent trop souvent depuis Paris en croyant les connaître, mais en se gardant d’y vivre!
    Dommage quand même que la relecture n’ait pas été plus rigoureuse et ait laissé passer une bonne dizaine de fautes: propriétaire au lieu de propriété, dispute au lieu de discute, cet an ci ou ces temps ci…et aussi les 100 000 hectares de la ZAC de Buzançais!
    J’habite en Gâtinais, aux portes de la Puisaye. Je suis revenu vivre dans ma ferme familiale après avoir sillonné la France et rencontré aussi beaucoup d’hommes et de femmes qui ont compris qu’ils pouvaient avoir un pouvoir sur leur propre vie. Je ne pouvais que me retrouver dans ces pages!

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